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for a last time ( Al')

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Sac à malice:

MessageSujet: for a last time ( Al') Lun 16 Aoû - 0:01

&
Alexy et Amadéa
" et si tes yeux me mentent, et si ton coeur te dupe...
que ta bouche, au moins, ose me le dire.
"

    Angleterre, quatorze ans ans

    Des lumières. De toutes les couleurs, qui étincelaient dans le ciel étoilé, joyeux décor dans un monde triste et lugubre. Les feux d’artifice éclataient en arc-en-ciel, éclairant le visage de l’ange morose. Des taches lumineuses courraient sur sa peau, tantôt rouge, tantôt verte. Une main finement manucurée reposait sur sa joue, tandis que le reste de son corps s’appuyait pitoyablement sur la rambarde. La fée avait perdu ses ailes ; elle les avait cédées au profit de l’affliction. Le vent - voyeur indiscipliné - faisait voltiger ses cheveux lattés, susurrant dans son oreille des gémissements interminables. Le silence accueillait les secrets de la nuit, de-même que ses lèvres, les larmes qui coulaient sur sa figure déformée par la peine. « Le médecin a dit que tu pouvais guérir. » Le visage de la gamine ne reflétait aucune tristesse ; seulement une indicible détermination, froide, calculée.« C’est un menteur. C’est à peine si j’ai quatre ans devant moi…et tu l’sais très bien! » Oui, elle savait. Elle se souvenait des livres qu’ils avaient parcourus sur le sujet, se rappelait des frissons d’horreur qui l’avait alors fait gémir d’épouvante. Elle…elle n’avait pas réagit. Elle ne s’était pas révoltée, n’avait pas cherché à fuir la réalité ; or, son absence de réaction était davantage éprouvante que des cris. « J’me laisserai pas faire. » La mère releva son visage implorant vers la fille. « Non, bien sûr…Tu vas te battre. » Sur la figure de la progéniture, un rictus de mépris avait apparu. Des aiguilles de feu traversèrent la peau de sa génitrice qui a cette vision, sentît un courant mortel parcourir ses veines. « À quoi bon? Je mourais tout de même et en final, j’aurais perdu. » Terrible est la pensée humaine, lorsqu’elle se révèle être une arme. « Que veux-tu dire? » Nouveau sourire amer. « Que ce sera moi qui choisira le moment et l’heure… » À un certain moment, on se croit fort. Et puis un jour, on découvre qu’on avait tort.

    Poudlard, aujourd'hui

    Elle revenait de l’infirmerie, l’esprit vide. Personne n’avait tenté de la leurrer, de lui laisser cette minime chance que représentent les illusions. Son état avait empiré. Elle s’en doutait et maintenant, c’était une chose confirmée. Abandonner, avant que les rêves eux-mêmes se moquent de nous, lâcher prise, pour ne pas que la destruction soit la seule option qui ne soit pas risible. La dame lui avait dit de se calmer, d’arrêter d’aider à droite et à gauche ceux qui affirmaient en avoir besoin. Elle avait obtempéré pour lui faire plaisir tout en sachant pertinemment que sa charité ne cesseraient pas. Que lui restait-il, sinon servir les autres? Un sourire bienveillant avait alors envahi le visage de la femme et elle était partie. Elle aurait pût retourner chez elle, pour y mourir en paix. Se reposer, profiter de sa famille une dernière fois. Sauf que Matteo lui aurait fait une crise de nerfs, Nathaniel aurait pleuré et sa mère, souffert en silence. Nan. Valait mieux rester et emmerder ses camarades jusqu’à la fin. Tu te moques de tout, tu t’fous de la réalité. Mais un jour, elle va te rattraper…

    Dans l’immédiat, elle avait envie d’un bon whisky. Et d’une cigarette, aussi. À quoi bon faire attention à sa santé ? Elle était en train de foutre le camp, de toute façon. Elle s’enfuyait par sa peau, y laissait des ecchymoses violacés et des cicatrices blanchâtres. Elle était en train de s’inhaler, de pourrir, de s’anéantir. Seule, sans qu’on le sache, sans qu’on puisse compatir à son malheur. Parce qu’elle ne voulait pas de gouttelettes hypocrites ni de compassion inutile. À quoi bon simuler ? Elle allait disparaître et la vie allait continuer son cours normal pour les autres. La révolte, c’était pour ceux qui n’avaient pas compris que chaque homme doit un jour laisser son corps derrière lui pour aller rejoindre la terre. Et devenir une coquille vide, inanimée…

    Rester calme, sourire, simuler. Le bonheur devient parfois superficiel, inaccessible. La seule solution est alors de se l’inventer, de jouer au jeu cruel de l’imagination. Madéa soupira ; elle savait très bien que retourner dans sa salle commune serait une très mauvaise idée. Faire semblant n’était pas dans ses cordes, ce soir. Elle se sentait maussade, déprimée. La faucheuse venait de faire sonner son glas funèbre , la terre l’appelait. Et le temps s’étirait, indéfiniment… Pour elle, le futur n’existait pas. Ce n’était qu’un leurre pour calmer les esprits échafaudés, qu’un mot dérisoire pour rassurer ceux qui craignaient tant d’avancer. Une illusion, une chimère hypocrite qui se veut à la fois rebelle et moderne, douce mais cruelle. Elle n’y croyait pas davantage qu’à l’espérance, n’y accordait pas plus d’importance qu’à ce syntagme ridicule qui se nomme ʺespoirʺ.

    La femme regarda autour d’elle, nota que ses pas l’avaient amenée à la volière. Doit-on voir une coïncidence à cette coordination du corps et de l’esprit ou une provocation ultime de ce bourreau qu’est la mort? Amadéa enleva ses chaussures, regarda le sol, en contrebas. Il lui aurait été si facile de se laisser tomber, de lâcher enfin prise. À défaut d’avoir le contrôle sur sa vie, elle l’aurait alors eût sur l’heure de son décès. Une hésitation, de celles qui sont décisives, et la poufsouffle qui passe une jambe par-dessus la haute rambarde. Elle songeait à ce prince charmant, qui n’est jamais venu à son secours. Respiration, contradiction. Quand la ligne est franchie, il n’y a pas de retour en arrière. À quoi bon abandonner ? Si ce n’est que de vouloir atteindre la voie de la facilité…Amadéa prit place prudemment sur le bord, mesurant avec un intérêt macabre la distance qui séparait le tour de la terre ferme. Rêve, si tu veux. Tu ne seras jamais maître de ton destin…Comme dans un mauvais roman, un bruit la fît sursauter. Risible situation, lorsque la décision est prise et que le hasard se moque de nous. Elle glissa vers l’avant, se sentît attirer plus tôt que prévu vers l’échafaud mortel. « Aidez-moi! » Ses deux mains s’agrippaient désespérément aux bords de la tour, son visage se tordait de concentration. Connerie. Elle avait fait une belle connerie, en montant ici. À un certain moment, on se croit fort. Et puis un jour, on découvre qu’on avait tort.



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Alexy Montrose
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Sac à malice:

MessageSujet: Re: for a last time ( Al') Lun 16 Aoû - 18:43

    Alexy lança le parchemin roulé en boule en direction de la poubelle. La tâche s’annonçait plus délicate qu’il ne l’avait pensé. Il devait être à la fois clair et concis sans rudoyer la personne à qui il s’adressait. Il s’empara de sa plume, la trempa dans la petite fiole d’encre et commença à écrire :

    « Mère,

    Avec tout le respect que je vous dois, n’avez-vous rien d’autre à faire que de m’écrire ? Cela fait la troisième lettre en l’espace d’une semaine ! Que voulez-vous que je vous raconte ? Je ne suis pas Hercule ! En deux jours, que voulez-vous que je fasse ? »


    En réfléchissant bien, le jeune homme avait été pas mal occupé durant ces deux derniers jours : il s’était entraîné pour le Quidditch, il avait remonté les bretelles d’un Serpentard de 5ème année qui s’était amusé à martyriser tout un groupe de jeunes Poufsouffles de sexe masculin dans les toilettes des filles, il avait marché longuement dans les couloirs la nuit dernière car il n’arrivait pas à dormir, sans oublier qu’il avait participé à la réunion de rentrée des M.P. et qu’il avait eu une altercation avec la Pendarde. Avec toute cette liste, il avait de quoi remplir plusieurs parchemins, sauf qu’aujourd'hui, il n’en avait pas envie. Il préféra cependant opter pour un alternative qu’il jugea judicieuse :

    « La plupart de mon temps, je le passe à étudier et à revoir les cours des années précédentes. »

    Il leva la tête, passa la main dans ses cheveux et sourit. Il était fier de lui, sûr et certain que Dame Montrose croirait à cela. Elle voit en son seul et unique fils une sorte d’ange souriant, affable et sage comme une image. Sur les deux premiers points, elle n’a pas complètement tort, par contre sur le dernier…
    Il imbiba une nouvelle fois la pointe de la plume dans l’encre.


    « Sachez que je me suis inscrit au Club de Duel et que lorsque les entraînements de Quidditch commenceront, je serais souvent indisponible pour répondre à vos lettres. »

    Alexy relut la phrase qu’il venait d’écrire, l’excuse était tout à fait crédible.

    « Et avez-vous pensé au pauvre Emerald ? Il n’est plus si jeune et tous ces voyages l’épuisent au plus au point ! »

    Il venait d’abattre sa meilleure carte, il savait que sa mère allait avoir pitié de la chouette. Il lui avait dit que son amour pour les animaux la perdra un jour. Manque de pot, c’est son propre fils qui exploite ses faiblesses. Il compta en silence le nombre de phrases qu‘il avait écrites.; il s’avéra qu’il y en avait déjà une dizaine. Dix, c’est suffisant estima-t-il. Il est temps d’en finir. Machinalement, il termina sa lettre par la phrase de clôture qu’il utilisait depuis près de 7 ans :

    « Je pense très fort à vous.

    Votre Alexy. »


    Sans oublier le petit post-scriptum :

    « Je t’assure que ce n’est pas moi qui ait mangé le gâteau au chocolat, c’est Emerald ! »

    Contrairement à ce que vous pouvez croire, la mère d’Alexy n’est pas idiote, c’est une moldue. Le Poufsouffle essaye juste de faire naître un doute dans son esprit. OUI c’est bien lui qu’il l’a mangé — gâteau succulent au passage — mais il se souvient encore la fois où il a dit à sa mère que les balais volants existaient, elle a mis près de six mois à le croire. Faire porter le chapeau au messager volant, cela allait être un jeu d’enfant ; du moins, il l’espèrait…

    Il plia soigneusement la lettre en quatre, l’inséra dans un enveloppe sur laquelle l’adresse de la demeure familiale avait préalablement été inscrite, la glissa dans sa poche puis sorti de la Salle Commune. Direction la volière.

    Bien que dehors le soleil invitait quiconque à s’assoir dans l’herbe ou à flâner dans le parc, Alexy préféra accélérer le pas. Plus vite il sera à la volière et plus vite il sera tranquille. Pour lui, tout ceci n’était qu’une corvée, tout ceci n’était qu’une perte de temps. Il lui avait dit, à sa mère, qu’elle s’inquiétait un peu trop, qu’il était à présent majeur et qu’il pouvait se débrouiller tout seul… Autant parler à un mur. S’inquiéter, c’est dans sa nature, et aller contre cette dernière, c’est tout bonnement impossible.

    Il s’engagea sur le sentier escarpé qui menait à la volière et commença à siffler un air qui ressemblait étrangement à “Colchique dans les prés”. Le second complet terminé, un cri l’interpella.


      « Aidez-moiiiii !!! »


    Il ne pouvait pas être tranquille une minute, les Serpentards n’avaient pas d’heure pour embêter les Poufsouffles sans défense. Avouez cependant que faire cela dans la volière, c’est plutôt… Glauque… Il sortit sa baguette et couru jusqu’à l’imposante tour.

      « Y a-t-il… »


    Il ne termina pas sa phrase, son regard se posa par hasard sur une paire de chaussures. Il s’avança étonné en direction de celles-ci et découvrit horrifié qu’une fille se balançait dans le vide. Pas n’importe quelle fille, Amadéa, celle qu’il aimait. Il étouffa un juron. Panique totale. Une boule se forma au niveau de son estomac. Sa gorge se noua. Son pouls s’accéléra. Réfléchis, réfléchis. Réfléchir vite, c’était la solution, sinon les conséquences allaient êtres mortelles. Mais aucune idée ne germa dans la tête du Poufsouffle. Voilà le pire effet de l’amour, faire perdre la tête à n’importe quel individu, même dans les situations les plus critiques ; quant à la peur, elle l’avait complètement cloué sur place. Il le savait, s’il ne réagissait pas tout de suite, il ne s’en remettrait jamais.


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MessageSujet: Re: for a last time ( Al') Mer 18 Aoû - 22:14

    Angleterre, quatorze ans
    Il y a ce sentiment que certains se plaisent à appeler l’amour. Celui qui donne soi-disant des ailes à l’amant, qui volera ainsi jusqu’au balcon de sa douce. Celui qui agite le cœur, bien que sa corrélation s’arrête simplement à précipiter ses battements, dans une course déchaînée où le vainqueur ne peut toucher sa récompense. Celui qui plombe de lourdeur les mains et les jambes, jusqu’à ce que l’impression d’être une masse, un poids qui tombe dans les abîmes de l’océan, donne des vertiges et pousse la victime à se croire légère, mélangeant les véritables raisons de son malaise. Celui qui envahit l’esprit, y poussant en-dehors la prudence et la méfiance, pour les remplacer par la naïveté et la douceur. Celui qui occupe tout, ne laissant de place qu’à l’âme, ce colocataire fort aimable avec qui il négocie, jouant le bonheur de son hôte…

    « Je ne t’abandonnerai jamais, princesse. » Madée fixait son ami avec bienveillance ; ses yeux brillaient de malice et d’attachement, ses mains demandaient déjà à se fixer sur le corps de celui qui avait sût gagner sa confiance. Tu perds le contrôle. Toujours et encore. Parce que rester droite, ce n’est pas dans tes habitudes. Et parce que l’amitié a ce pouvoir bien étrange qui consiste à altérer la pensée de ceux qui sont proches, de sorte qu’Ils se retrouvent sur le même diapason, la poufsouffle ne s’étonna pas de l’écho que faisait James à ses réflexions. En effet, comme en réponse à un ordre muet, son camarade s’était emparé de son cou et multipliait les attaques affectueuses. La blonde tressaillit un instant, s’abandonnant ensuite totalement à la poigne de celui qui devenait un homme. Un rire s’échappa de sa gorge, son doux et cristallin, de-même qu’un sourire s’étira sur ses lèvres vermeilles. Rigoler, comme toutes celles de son âge, se permettre de rêver et de faire semblant, ne serai-ce qu’un moment, que celui qui s’amusait ainsi de sa peau était bien plus qu’un ami… Foutaise. Tu ne sais plus inventer, ton imagination a crevée avant même que ta chair ne dépérisse.

    Elle se souvenait. De ce soir où le verdict avait été rendu, où l’horrible maladie avait quémandé sa vie, sans rançon ni sursis. Elle s’était battue, avait gagné la bataille… l’odieuse lui avait accordé quelques années de plus . Ce n’était pas suffisant. Amadéa avait pleuré, supplié, cogné. Son cri avait un nom, sa douleur en appelait une autre. Il était venu, elle lui avait tout raconté. Qu’elle faiblissait, de jour en jour. Que ces marques bleuâtres sur son bras, non, ce n’était pas dû à une mauvaise chute au Quidditch. Et la souffrance s’était faite forte, insupportable. Elle cherchait à oublier, à se perdre dans un univers différent que ce désert qui se proclamait maître de son âme. Il était là , elle était mélangée, hors d’elle ; ses mains avait parcouru cette enveloppe charnelle qui se mourrait, ses lèvres s’étaient emparées des-siennes. Ce n’était pas allé plus loin. Mais pour elle, c’était déjà trop.

    Cacher son trouble. «Ne pas m’abandonner? Tu pars cette année, James. Dès lors, je serai seule. » Amadéa s’efforça d’apparaître naturelle, de ne pas montrer sa peine. N’était-elle pas habituée à agir ainsi ? « Tu ne le seras pas…Un autre viendra prendre ma place. » Camoufler ses réflexions, garrotter ses réflexes, bastonner ses rêveries. Elle frissonna pourtant malgré elle au son de la voix du jeune homme. « Qui ? » Un rire. « Tu verras bien…d’ici quelques années, peut-être… » Elle se tût. Lui répondre, c’était lui admettre que la mort, tranquillement, prenait le dessus. Que cette sournoise adversaire cherchait à l’emporter et que bientôt, elle devrait rendre les armes. Tu hurles mais ta bouche est fermée ; tu cognes mais tes poings sont liés. Abandonne. Qu’arriverait-il, lorsque le gryffondor saurait tout cela ? Certes, elle l’avait informé de sa maladie, mais, avec cette petite touche optimiste qui la caractérisait si bien. Elle ne lui avait pas dit que chaque moment était pour elle un prélude à l’éternité, que chaque seconde pouvait très bien être la dernière. Elle ne lui avait pas dit que, du mariage ou de la dernière onction, elle risquait davantage de connaître le dernier sacrement. Que cela l’attristait parce qu’elle, elle rêvait d’une robe blanche et d’un autel, d’enfants énergiques et d’un mari. Elle ne lui avait pas dit, que bientôt, il lui apporterait des fleurs. Des roses, des violettes, des lys. Et que ces fleurs resplendissantes, bourrées de vitalité et de couleur, il les poserait sur une pierre tombale en essuyant, peut-être, une larme sur sa joue. Elle ne lui avait pas dit parce qu’entre amis, il est bien parfois de ne pas tout se dire.

    Poudlard, aujourd’hui

    Elle n’était pas prête à rejoindre le ciel. Madée l’avait toujours sût mais maintenant, c’était une évidence. Ses forces l’abandonnaient, ses bras se faisaient lourds. Bientôt, elle allait devoir accepter la situation, se laisser emporter vers le néant. Celle qui jusqu’alors, s’était toujours battue, allait mourir bêtement. Vaincue non pas par la maladie mais par sa stupidité. Un constat sinistre, décourageant. Et sans avoir jamais parlé à cet homme… James avait raison, en affirmant qu’il y en aurait un autre. Mais cet autre, elle ne lui avait jamais adressé la parole…À quoi bon? Elle était condamnée, se faire souffrir davantage n’était pas dans ses plans en ces temps-là. Maintenant, c’était trop tard. Elle allait crever, écrasée sur le sol, comme une vulgaire bestiole.

    Elle avait entendu une voix, un court instant. Hallucination ou heureuse présence, possibilité de survie? Elle l’ignorait mais ne pouvait qu’espérer, suspendue à sa tour. Quelques secondes de plus…Et ce serait terminé. Déjà, ses doigts glissaient, lâches… « « J’vous en prie…aidez-moi… » Une supplication, une voix déjà plus faible. Elle avait lutté toute sa vie. Le moment était venu de lâcher prise. Amadéa leva son regard vers celui qui aurait dû être son sauveur. Elle le reconnu, son visage abhorra une moue peinée. Et alors que ses mains se desserraient totalement du rebord, la jaune et argent ferma les yeux sur cette vision fugace, impossible, de celui qu’elle aimait.


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Alexy Montrose
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MessageSujet: Re: for a last time ( Al') Ven 20 Aoû - 15:59

      « J’vous en prie… Aidez-moi… »


    Il n’oublierait jamais ses derniers mots émis par sa voix si douce ; ses yeux implorant de l’aider ; cette jeune femme qui voulait plus que tout s’accrocher à la vie.

    Trop tard. Il n’avait eu le temps de rien faire. Elle avait lâché prise. Ta faute. Ses délicates mains n’avaient sans doute plus eu la force de retenir tant d’espoir. Elle glissait vers la mort. Entièrement de ta faute. Ferme les yeux ma belle et remémore-toi les merveilleux moments passés ici-bas. Il la suivait du regard, en larmes. Chute d’un ange dépourvu d’aile. On ne te croira pas. Elle s’approchait du sol. Vite. Trop vite. Vulgaire pomme tombant du pommier. Tu sera considéré comme seul responsable. Pantin inanimé sans vie. Herbe empourpré par le sang d’une princesse. C’est-ce que tu veux ? Souvenir à jamais gravé dans sa mémoire. Souffrance incurable. Mais tu peux encore tout changer.

    Nom d’un mammouth en furie Alexy ! Ce que tu as imaginé va arriver d’une seconde à l’autre !!! C’est-ce que tu veux ? Il existe une voix en chacun de nous, qui nous interpelle, tel un électrochoc ; qui nous foudroie par ses propos réalistes. Elle va s'écraser Alexy ! Elle va crever ! Crever !!! Et tu n’aura que tes yeux pour pleurer ! Les larmes ruisselaient déjà sur ses joues blanchis par la peur.


      « Non !!! »


    Son hurlement avait déchiré le silence qui s’était installé depuis la supplication de son petit cœur ; un cri à mi-chemin entre le rugissement d’un lion et le beuglement d’un troll. Il leva sa baguette en direction de la Poufsouffle et déclama, la rage au ventre :


      « Locomotor Amadéa ! »


    L’espace de quelques secondes, il crut que le sortilège n’avait pas fonctionné. Quel imbécile ! Amadéa n’allait pas atterrir comme par magie à côté du jeune homme, il fallait que ce dernier y mette un peu du sien. S’il avait bien suivi en cours, l’objet ensorcelé, en l’occurrence ici la Poufsouffle, devait épousé scrupuleusement la trajectoire décidée par le détenteur de la baguette magique. Par chance il avait bien suivi en cours. Ce qu’il avait oublié, c’est que ce sort était plus que légèrement sensible au moindre mouvement de la baguette. Il comprit cela bien assez vite, lorsqu’il retroussa ses manches et qu’il vit la Jaune et Noir partir sur la droite.

      « Désolé ! » s’excusa le garçon.


    Concentré. Il fallait être concentré. Il jeta un coup d’œil à gauche, puis à droite, pour voir si aucun boulet n’était dans les parages ; car une bousculade serait dangereuse. En plus de plusieurs pirouettes et tours gratuits dans les airs, sa princesse pourra être blessée mortellement. Chose que tous deux évitaient depuis tout à l’heure. Aucune boulet ? Alors c’est parti ! Il leva doucement sa baguette, orienta la Poufsouffle vers lui après l’avoir quelque peu dirigée sur la gauche. C’est sans encombre que la jeune femme toucha terre. Le visage en sueur, les mains moites, il s’assit, le dos contre le mur de la volière et lança à Amadéa, sans même la regarder :

      « On peut dire que tu m’as flanqué une sacré frousse ! »


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MessageSujet: Re: for a last time ( Al') Dim 22 Aoû - 22:48

    Angleterre, quinze ans
    Une plume qui tombe sur le sol, une main agile qui la ramasse. Des joues empourprées, un sourire amical. Et les yeux qui fuient, cherchant un perchoir qui n’existe pas. À l’avant, le professeur enseignait un sortilège divers, faisant des mouvements circulaires avec sa baguette. Amadéa soupira, chercha le regard de sa copine. Celle-ci haussa les épaules, découragée de la maladresse de la jolie blonde. « Tu pourrais t’concentrer un peu, Madée. » L’adolescente haussa un sourcil désapprobateur, reporta son attention sur l’objet de ses pensées. Parler pour être risée…ou se taire, masque de pierre et bouche d’argile. « T’sais c’est qui, le gars là-bas? » Les dents qui mordent la chair, anxiété incontrôlable, stress malsain. S’ouvrir le cœur, montrer notre intérêt, c’est enfreindre la loi de l’insensibilité. « Tu parles du poufsouffle? » Vague approbation de la tête, air faussement détaché, imposture du cœur et de l’âme. Il est parfois difficile de contrôler les battements précipités de cet organe qui nous maintient en vie. « Il est pas mal, non ? » Limiter l’intérêt au physique, ne pas avouer ses véritables motivations. Ne pas dire que ce qu’elle aimait, chez ce type, ce n’était pas seulement sa chevelure bouclée mais aussi sa manière de défendre les autres élèves, de s’adresser gentiment à tout le monde… « C’est un connard. » Pierre sur l’eau lisse, couteau dans la peau, retour cruel dans la réalité. Rien n’est plus douloureux que l’arrivé des cauchemars dans un doux rêve. « Que…que veux-tu dire? » Et la voix qui flanche, traîtresse indigne qui n’a que faire du contrôle de soi. « Que tu devrais l’oublier…J’ai entendu dire qu’il couche à droite et à gauche. » Résignation. Amadéa n’était pas faite pour être aimée, elle le savait. Ce sentiment, il était réservé aux vivants. À ceux qui pouvait le faire fructifier avec les années. Peut-être que si elle aurait été moins distraite, elle aurait remarqué le sourire de satisfaction sur les lèvres de sa camarade. Peut-être, alors, aurait-elle compris que celle-ci avait elle-même des vues sur le blaireau et que flouer une douce et honnête fille comme Madée ne la dérangerait nullement. Peut-être que l’histoire aurait été différente. Sauf que le passé n’est pas le futur, et le présent ne peut rien y faire.

    Poudlard, aujourd’hui
    L’existence se résume en deux choses. Vivre et mourir. Certaines personnes ne connaissent que la deuxième option…Dire qu’Amadéa, pendant sa chute effrénée vers le sol, songeait à toutes les choses qu’elle allait manquer serait faux. Elle pensait à sa mère, qui avait fait tant d’efforts pour la garder en vie. Et à Alexy. Ce lâche dont, malgré elle, elle était tombée amoureuse. Son amie, dans le passé, avait raison en affirmant qu’il n’était pas fréquentable. Qui, sinon un connard, regarderait une fille tomber du haut d’une tour et ce, sans faire le moindre geste pour le sauver ? Le type qu’elle aimait était un salaud. Sauf que ce n’était déjà plus important. D’ici quelques secondes, elle allait crever.

    La mort était donc si douce?. Madée flottait doucement dans les airs… Pendant un court instant. Ensuite, elle se mît à zigzaguer un peu partout, balancée à droite et à gauche. Son esprit se réveilla, sa langue se délia et alors qu’elle criait d’horreur, la poufsouffle prit conscience que non, une personne décédée ne peut sans doute pas ressentir cette impression abominable qu’elle était contrôlée. Ses yeux s’ouvrirent et avec un hoquet de surprise, elle constata que bientôt, elle serait de retour en haut de la tour. Le jeune homme ne s’était pas contenté de l’observer s’écraser, finalement…

    Elle était de retour sur la terre ferme. S’en était ridicule… Pourquoi la vie s’amusait-elle ainsi à ses dépends ? Lui donner l’impression qu’elle venait d’échapper à quelque chose d’atroce alors que d’ici quelques mois, la situation allait se reproduire…Oh, d’une manière différente, certes. Cette fois, le sang se contenterait de quitter ses veines et ses organes entameraient un chômage non-mérité. À quoi bon y penser ? De toute façon, elle n’avait plus, et ce depuis longtemps, son mot à dire. « On peut dire que tu m’as flanqué une sacré frousse ! » Respirer. Ses mains tremblaient, son corps était secoué par les frissons qui la traversaient. Elle connaissait le propriétaire de cette voix mais se refusait à lever son regard vers lui. Trop difficile. Lui dire merci n’était pas envisageable…Après tout, il n’avait fait que retarder l’inévitable. « J’étais persuadée que tu allais me laisser crever. » Point de rancœur dans sa voix, ni de haine. C’était simplement une constatation, vide, froide. Les émotions avaient quitté son visage ; un sourire amer étirait ses lèvres alors qu’elle allait s’asseoir à côté du jeune homme. C’est un connard. Contrôler les vibrations de ce son qui jaillissait de sa gorge… Et avoir le courage, enfin .« T'étais là et....tu ne faisais rien. J'ai cru...j'ai cru que c'était la fin. » Elle était passée si proche d’être libérée à tout jamais de la douleur, de la peur…de l’amour.


HJ: post pourri, j'suis désolé. '-.-


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Alexy Montrose
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MessageSujet: Re: for a last time ( Al') Lun 6 Sep - 16:29

      « J’étais persuadée que tu allais me laisser crever. »


    La respiration toujours saccadée par la peur et la surprise, il se leva et essaya de se calmer. Le pire était passé, mais le pire allait arrivé. La Poufsouffle avait certes été effleuré, durant quelques secondes, par la main de la Mort, mais quoi de pire pour un individu transi par l’amour que d’affronter l’objet de ses rêves qu’on ne cesse de fuir dans la réalité ; braver une déesse à la beauté aussi grande que sa méconnaissance de l’existence d’un galant secret, bien que toute l’attention de ce dernier se porte sur elle.

    Il leva la tête, ses yeux croisèrent celui de la jeune femme, et aussitôt il baissa son regard pour le laisser balayer le sol. Plusieurs feuilles mortes jonchaient sur les escaliers en pierre, recouvrant un caillou blanc d’une drôle de forme. Des plumes de rapaces dessinaient des cercles sur le granit, abandonnant un papier de friandise moldue au vue de sa marque, trop lourd pour être soulevé par la très légère brise automnale. Les yeux sont le miroir de l’âme, et le Lord redoutait qu’elle sache parler cette langue si étrange. Fuir, il fallait fuir, et si ce n’était pas physiquement, c’était mentalement qu’il allait s’évader de cette tour de l’angoisse. Il ne devait rien laisser paraître.

      « T’étais là… Et tu ne faisais rien. »


    Seulement, l’oreille ne peut se dérober ; il ne pouvait ignorer totalement un être qui était cher à son cœur. Cette voix, que le jeune homme connaissait si bien pour l’entendre dans ses plus beaux rêves, mais aussi dans ses pires cauchemars, et ce parfum, qu’il reconnaîtrait entre mille autres, étaient à ses yeux deux cruels démons ayant pour objectif premier la faillite du grand Alexy Montrose.

      « J’ai cru… »


    Il se concentra sur un vol d’un hibou qui était passé à côté d’eux quelques secondes avant. Elle ne devait pas savoir avant que lui ne le sache.

      « J’ai cru que c’était la fin. »


    Garder son sang-froid, c’était le maître mot. Il essuya sa main gauche dans son pantalon, la passer ensuite dans sa chevelure blonde. puis prit une profonde respiration. Il renouvela l’expérience deux autres fois avant qu’il ne se décide à parler.

      « Désolé. » déclara-t-il la gorge nouée, sans croiser le regard de la belle « C’est que… Y’a pas… Enfin… Si tu avais été attaqué par des Détraqueurs, ou poursuivi par une meute de Géraniums Dentus, j’aurais sans aucun doute réagi beaucoup plus vite. »


    Il s’arrêta un cours instant pour chercher ses mots, mais surtout pour reprendre son souffle. Ce devait être bien la première ou la seconde fois qu’il parlait avec elle, et il constata que discuter avec cette dernière se révélait être une source à la fois de plaisir mais aussi, et surtout, d’anxiété.

      « A Poudlard » continua-t-il, comme s’il ne s’était jamais arrêté « On étudie pas mal de choses — parfois d’une grande inutilité je te l’accorde — mais à ma souvenance, je crois que je n’ai rien appris concernant les différentes manœuvres pour sauver une personne qui est suspendue dans le vide. »


    Il s’arrêta de nouveau, fit mine de réfléchir et ajouta, avec un sourire :

      « A moins que je ne devais pas écouter ce jour-là ! »


    Parler, il devait parler, pour noyer le poisson dans l’eau, pour qu’elle ne soit attirée que par les mots qui sortaient de sa bouche, pour que son esprit soit occupé à interprété ce qu’il disait et non par un quelconque geste ou une quelconque fuite du regard.

    Un sourire à mi-chemin entre de la gêne et de la joie s’afficha sur son visage. Il ne devait pas trop parler non plus, sinon cela réveillerait chez elle quelques suspicions. Une question cependant lui brûlait les lèvres, comment s’était-elle retrouvé pendu dans le vide ? Une mauvaise farce des Serpentards ? C’est vrai qu’ils ont méchants, mais de là à tuer quelqu’un… Etrange… Un coup de baguette et les chaussures de la fille planèrent jusqu'à eux.


      « Pourquoi as-tu enlevé tes chaussures ? » demanda-t-il d’une voix timide.


    Une question en apparence fort simple mais pleine de profondeur. Le Poufsouffle espérait de la jeune femme une réponse riche en détail dont la raison de ce sauvetage réalisé in-extremis.
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MessageSujet: Re: for a last time ( Al') Jeu 21 Oct - 5:26

    Angleterre, seize ans

    « Tu n’es plus là depuis maintenant deux ans, James. Que croyais-tu ? » Un couteau, une plaie. Et l’affreuse sensation d’avoir été trahi, ridiculisé. Le jeune homme se retourna , rageur. Ses yeux brillaient, billes argentées malicieuses, et ses poings étaient serrés par la colère. « Que tu m’attendrais, que…» « Que quoi ? Que je resterais éternellement amoureuse de toi, attendant que tu te décides enfin ?» La poufsouffle tremblait ; sa voix était faible, ses forces déclinaient. Se disputer , lors de ses retrouvailles avec son ami, n’avait jamais été dans ses plans. L’adulte se laissa tomber dans un fauteuil, confus. Madée avait changé…Ce n’était plus la petite fille naïve, éperdue d’amour qu’elle était autrefois. Sa confidente devenait une femme et - là était le plus terrible- elle commençait à l’oublier. « Tu m’avais clairement fait comprendre que tu n’attendais rien de plus de moi…Tu m’as dis qu’un jour, un autre voudrait bien de ma main. » Un frisson et ce sentiment de haine, incontrôlable, grisant. James ne connaissait pas l’heureux élu…mais il le détestait déjà. Cet inconnu lui avait volé sa rose, son rêve, sa raison d’exister. Il avait gaspillé tant de temps avant de s’en apercevoir… Il était trop tard, désormais. « Je voulais ton bonheur… Je n’étais pas prêt, Madée. Mais maintenant, je le suis ! » Un cri, une plainte. La dernière phrase ressemblait davantage à une supplication qu’à une affirmation. Le corps de la poufsouffle se raidit à la douleur de son copain, sa tête se baissa, sa vue se brouilla. Pourquoi lui faisait-il revivre cela ? Cette joie malsaine, interdite. Cette souffrance sadique, intolérable. L’adolescente tendit son bras à l’ex-serdaigle, l’aida à se lever. « Je l’aime. Je pourrais te dire qu’il n’y a eu personne depuis ton départ, mais ce serait faux. Je l`aime, James ! Mais ne t’inquiète pas…ce n’est pas partagé. Voilà où il m’a conduit, ton prétendu vœu de bonheur. » Malgré lui, l’éphèbe sentit monter en son cœur une bouffée de soulagement. Ainsi, l’autre, l’intrus, l’imposteur, ne l’avait jamais touchée…Son lys était encore blanc, innocent, intact. « Moi, je suis là…» Les doigts qui se posent sur la joue, un soupir. Et leur figure, si proche… « Pour combien de temps ? Avant que tu ne te lasses…» « L’éternité, si tu le désires. » Une étincelle dans le regard de la blonde, une lueur de vie. Puis, plus rien. Les rideaux de son âme se refermèrent… « L’éternité, j’y goûterai d’ici quelques mois. Seras-tu assez fort pour me serrer dans tes bras alors que j’agoniserai ? Seras-tu capable de rester insensible alors que je cracherai mes poumons ? J’aurai besoin de ton amitié, le moment venu. Et si nous gâchons tout maintenant…» Elle avait raison, il le savait. Sauf que la vérité, aussi inéluctable soit-elle, était une évidence macabre. Celle qu’il aimait allait mourir. Et lui, en lâche qu’il était, n’allait pas être capable de la soutenir jusqu’au bout. « Une dernière fois… ?» Elle sourit. « Oui, une dernière fois…» Et leurs lèvres se touchèrent

    Poudlard, aujourd’hui

    Il parlait. Énormément. La jaune et argent n’écoutait point ses paroles ; elle se concentrait sur le son de sa voix , de manière à le graver dans sa mémoire. Un tel moment n’arriverait sans doute plus jamais. Lui et elle, seuls, bavardant…Certes, elle avait frôlé la mort. Mais ce n’était pas une nouveauté. Chaque jour, l’abominable passait près d’elle pour lui quémander cette existence à laquelle elle s’accrochait désespérément . « Pourquoi as-tu enlevé tes chaussures ? » Merde. Elle ne l’avait pas vu venir, cette question là. Que répondre ? Qu’elle en avait marre d’attendre la souffrance et l’agonie que , pendant quelques secondes, irréelles, magiques, avait eu l’impression de contrôler sa destinée? Là-haut, sur cette tour, elle possedait le pouvoir de décider…Décider si oui ou non, elle allait mourir. Ce choix, de retour sur la terre ferme, elle ne le possédait plus. Une amie peinte de noire lui tendait les bras et elle succombait à son charme, elle rapprochait ses pas des siens, comblait la distance… Elle voulait vivre. Mais la décision ne lui appartenait pas et ce, depuis très longtemps…

    Alexy attendait toujours qu’elle parle. Elle se mordit les lèvres, soucieuse; lui révéler son état était inconcevable et pourtant… Elle allait crever, c’était inéluctable. On dit que le comportement des gens changent, se muent en pitié, lorsqu ’ils sont informés d’une maladie. Pour cette raison, seul la famille de Madée et James étaient informés de sa situation. Il ne lui restait que quelques mois. Qu’importe, si les autres cherchaient à gagner ses faveurs par une charité déplacée. N’était-il pas le temps de profiter de ces jouissances qui allaient lui être enlevées ? Ce type était peut-être un salaud, soit. Mais il obsédait ses pensées, ses rêves. Quelques mois…Rien de plus. Il serait libre d’aller voir ailleurs, ensuite. De l’oublier. De coucher à droite et à gauche, s’il le désirait. Accepterait-il? De jouer le jeu, de faire semblant…Faire semblant, jusqu’à sa mort, de l’aimer. Ainsi, elle n’aurait pas tout perdu…
    La poufsouffle redressa la tête, s’avança jusqu’au jeune homme et s’assit à côté de lui. Elle avait pris sa décision : elle allait parler. « J’voulais…» Continue. Tu as le doit d’être heureuse, toi aussi. Une respiration. Les muscles du visage qui se crispent, les muscles qui font une grimace. Lâcher prise. « J’voulais sauter. » Et la peur, soudaine, de l’effrayer. Qu’il ne la pense dépressive. L’éphèbe reprit rapidement : « J’suis pas suicidaire hein! J’aime la vie…Mais j’voulais avoir le contrôle. C’est compliqué, disons. » Elle s’étendait, planait au-dessus du sujet fatidique, ne savait comment l’aborder. C’était son tour, d’être bavarde. Hésitation. « Merci de m’avoir sauvée. Je me nomme Amadéa. Pas la peine d’me dire le-tien, j’sais déjà comment tu t’appelles. » Lâche. Cesse d’être une réplique de la pie, laisses-toi aller. Remplir le silence par des mots. Les phrases camouflent les révélations du vide. « Tu dois me trouver cinglée, désolé. De te raconter tout ça alors qu’on vient d’se rencontrer. Je parle moins, d’habitude. C’est la nervosité. » La blonde passa une main sur son front, essuya la sueur. Bordel. ! Elle s’énervait elle-même, par son badinage! Dire à voix haute son destin était ridiculement difficile. « Je te raconte tout ça parce que...» Tu n’as rien à perdre. Se concentrer. Madée inspira profondément, fixa ses yeux dans ceux de son interlocuteur. « Je vais mourir. J’ai été diagnostiquée il y a de cela quelques années, je n’ai déjà plus un an devant moi. Voilà pourquoi j’étais en haut de la tour. Je voulais décider par moi-même du moment de mon départ. » Et j’ai besoin de toi.

    Hj : Wow. Un mois et demi plus tard…Je suis vraiment désolé. La prochaine fois, je vais prendre qu’une journée à te répondre, promis!
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Alexy Montrose
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MessageSujet: Re: for a last time ( Al') Dim 21 Nov - 17:01

    Le regard d’Alexy, bien qu’insistant, croisa celui de la belle. Il patientait, mais pour elle il pouvait attendre éternellement. Elle paraissait pourtant gêner, et il y avait de quoi, sa précédente question était légèrement décalé, dans le sens qu’elle n’avait pas vraiment sa place dans la conversation. Il se décida enfin à ciller et — ô jour de chance ! — elle s’assit près du jeune homme. Il tourna la tête, faisant mine de ne pas trop s’intéresser à elle mais au fond de lui-même il bouillonnait d’impatience de d’euphorie. Il allait sans souvenir de cette première rencontre en tête à tête.

      « J’voulais… »


    A priori ce qu’elle allait lui dire était bien plus grave que ce qu’il ne pensait. Une forte hésitation se percevait dans sa voix, mais il attribua cela à un quelconque stress. Elle aurait pu répondre la plus simplement à sa question, mais elle avait décidé d’y mettre plus de profondeur.

      « J’voulais sauter. »


    Grosse claque ! Il était tombé amoureux d’une folle ! Ou d’une jeune femme aimant l’adrénaline, ce qui était peu probable… Il ne put réagir aux propos de la Poufsouffle, elle continuait son monologue.

      « J’suis pas suicidaire hein ! J’aime la vie… Mais je voulais avoir le contrôle. C’est compliqué, disons. »


    Pour ça oui, c’était compliqué ! Elle voulait avoir le contrôle… C’était un pari ! Voilà ! Un pari de mauvais goût certes — et il casserait volontiers la figure celui qui lui avait dit de faire cela — mais, il ne voyait aucune autre possibilité. A moins que ce ne soit une nouvelle technique de drague qu’il n’avais pas eu vent, mais elle était super hyper dangereuse ! Il ne fallait pas manquer son coup, ni sa proie !!!

      « Merci de m’avoir sauvée. »
      « Pas de quoi. » Mais sa phrase fut étouffée par celles de la jeune femme.
      « Je me nomme Amadéa. Pas la peine d’me dire le tien, j’sais déjà comment tu t’appelles. »


    Fort possible, ils étaient de la même maison, et lui joueur de Quidditch. En tout cas, il connaissait maintenant le prénom de sa Dame.

      « Tu dois me trouver cinglée, désolé. De te raconter tout ça alors qu’on vient d’se rencontrer. J’parle moins d’habitude. C’est la nervosité. »


    Il aurait aimé lui dire que le son de voix était la plus douce chose au monde, mais la jeune femme aurait tout de suite compris le fond de la pensée de capitaine de Quiddicth.

      « J’te raconte tout ça parce que… Je vais mourir. J’ai été diagnostiquée il y a de cela quelques années, je n’ai plus qu’un an devant moi à vivre. Voilà pourquoi j’était en haut de la tour. J’voulais décider par moi-même du moment de mon départ. »


    Tout autour de lui, le monde s’écroula. Le choc lui noua le gosier quelques instant.

      « Tu… Non… Non… »


    Mais voyant la gravité du visage de la Poufsouffle, il compris que cela n’avait rien d’une blague.

      « Je… Je suis navré… »


    Wow ! Quelle phrase réconfortante ! Dis lui que tu l’aimes nom d’un tricycle à deux roues ! Il est temps !

      « Tu sais… Ma mère m’a toujours appris que chaque événement est… un signe… mais que beaucoup de personne les ignorent parce qu’ils n’ouvrent pas les yeux… »


    C’est elle qui allait le prendre pour un cinglé !

      « Aujourd’hui tu as voulu en… en finir… » Il avait prononcé ces mots si bas qu’il se demandait si elle les avait entendu. « Mais je t’ai sauvé… Ne crois-tu pas qu’il s’agit d’un de ces signes ? »


    Il marqua une pause mais voyant qu’elle ne réagissait pas, il poursuivit.

      « Je pense… Après cela ne regarde que moi mais je pense que c’est un signe, à la fois pour toi, et à la fois pour moi. Il faut peut-être surmonter cette épreuve… Ensemble… Qu’en dis-tu ? »


    Alexy savait qu’il existait des paroles beaucoup plus réconfortantes que celles qu’il venait de prononcer ; mais la réalité était si pénible qu’il n’avait su trouver les mots.
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